Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher

Suite (et fin ?) de la saga d’automne 2014 dans les Jojos. Cette fois, l’épisode se déroule avec Julien, venu spécialement de l’Argentière-la-Bessée pour une grande occasion : sa première voie dans cette face mythique ! Alors, une fois de plus il va falloir mettre les petits plats dans les grands : ça sera la Bonatti-Vaucher dans les Grandes Jorasses.

Mais la face a bien séché depuis quelques semaines, après ces assauts de foehn début Octobre. Les conditions sont restées bonnes, mais elles ne sont plus exceptionnelles comme lors de notre ascension de la Gousseault-Desmaison avec Rémi. D’après nos infos, les 800 premiers mètres sont de la promenade jusqu’à l’araignée, 300m sous la sortie. Eh bien plus maintenant ! De bons petits passages mixtes nous compliquent la tâche de temps en temps, et plusieurs sections sont en glace très fine. Nous arrivons à l’araignée avec le compteur à 15h, déjà. Les longueurs finales se dévoilent : on nous avait prévenus, la sortie est très dure, mais tout de même, là c’est sordide ! Nous sommes à sec, nous faisons tourner le réchaud pour boire une soupe et peut être aussi pour retarder l’échéance… Pathétique tentative !

À 16h j’attaque la longueur clé : 60m peu protégeables, tantôt dans un dièdre-cheminée, tantôt dans la dalle à gauche, avec un peu de neige fraîche, pas assez de glace pour ancrer les piolets, à main droite du rocher jaune pourri, à main gauche du rocher gris nettement meilleur qui accueille de temps en temps des protections honnêtes. Quelques réglettes sont serrées avidement, à mains nues. Julien prend le relais pour la suite, un vilain bombé à crispettes partiellement recouvertes de neige. Enfin, par une traversée à gauche (taquet ! on est au bon endroit ?), je rejoins la magnifique goulotte suspendue qui débouche au sommet. Ouf, la nuit tombe, mais nous sommes maintenant sur un boulevard. La petite cascade de glace verticale qui conclue élégamment l’itinéraire est avalée comme la cerise du gâteau. Il est 21h, 16h après notre départ du pied de la voie. Nous arrivons à Boccalatte à 5h du mat’ en dormant debout, après moult ronflements de réchaud, errements sur le glacier et assoupissements incontrôlés. Merci Julien pour ce voyage d’un autre monde !

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Epilogue : le smartphone de Julien avait disparu dans la descente des rochers du reposoirs, entre deux somnolences. 2 semaines plus tard (!!!), une cordée polonaise passe par là et trouve le téléphone. Ils se baladent sur le net, tombent sur ce site, reconnaissent Julien et me contactent ! Un grand merci à eux pour leur gentillesse. Nous avons maintenant plus de photos de cette aventure à partager...

Date: 
18/10/2014
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Marche d'approche : la mer de glace
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Marche d'approche : la perturb' quitte les Drus
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Belle goulotte nocturne avant le 1er névé
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Sac légers pour un parcours à la journée !
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Vue plongeante sur la tour du Croz
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
1er névé après 400m de grimpe : ouf plus que 800 !
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Beau mixte après la bifurc' de No Siesta
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Les placages deviennent fins...
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
L'ombre obstinée des Jojos
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Mixte pas évident sous l'araignée
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Comme l'eau froide : dur de se lancer, après ça va mieux !
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Sordide et grandiose
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Le jour s'en va, encore 100m d'ascencion
Grandes Jorasses, face nord : voie Bonatti-Vaucher
Vaguement reposés à Boccalatte